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« Pourquoi les chiites pleurent-ils comme des bébés ? »

Bonjour et bienvenue. Nous revoilà ici en ce vendredi pour un nouvel article. Ces dernières semaines, nous n’avons pas levé le pied. Ces derniers jours, ce sont les réseaux sociaux qui étaient dans notre ligne de mire. Nous sommes partis à l’assaut des quatre géants pour prendre la place qui nous était réservée. Vous pouvez donc nous retrouver sur Facebook, Twitter, Instagram ainsi que sur Youtube pour le moment. Nous avons passé pas mal de temps à essayer de cibler nos recherches pour toucher au mieux les personnes qui pourraient être intéressées par notre premier ouvrage : La lumière de Hussayn, par Ahmed Mustafa, déjà disponible en pré-vente, en ligne, sur notre site.

Nous avons dressé un constat sans équivoque : la communauté chiite est majoritairement présente sur le colosse Facebook. Mastodonte qui nous censure d’ailleurs régulièrement… ce qui explique pourquoi nous y sommes que peu présents en ce moment. Notre compte n’est pas toujours accessible, il est souvent bloqué pour cause de « contrôle », alors nous nous sommes penchés sur la deuxième branche de Facebook : Instagram.

Quelle fut notre stupeur en apercevant les images associées aux hachtags relatifs au chiisme. Pour #chiite, nous étions abasourdis de voir l’image d’une femme étant identifiée comme telle, encadrée et cernée par un couteau pointant dans sa direction. Une simple image qui ressemble à une menace… et puis tant d’autres images d’une violence terrible.

Alors cet article n’a pas la prétention de résoudre le problème des images mentales que des personnes veulent associer au chiisme. Il ne cherche pas non plus à déconstruire les croyances autour de certaines pratiques, assez peu répandues dans les faits, et décriées au sein même de cette communauté. Pratiques qui, par les images qu’elles renvoient, restent gravées dans les mémoires et donnent une couleur à un mouvement qui n’a pas demandé à y être associé.

Aujourd’hui, c’est une image en particulier qui a retenu notre attention. Cette image contenait la mention suivante : « Pourquoi les chiites pleurent-ils comme des bébés ? ».

Il est vrai que si tous les chiites s’accordent sur un point, c’est bien sur les larmes qu’ils n’hésitent pas à verser pour le troisième Imam de l’Islam, l’Imam al-Hussayn (as), et sur la tragédie de Karbala.

Cet article n’a pas non plus pour objectif de répondre spécifiquement à la question de la vignette. Notre article cherchera plutôt à comprendre pourquoi une telle question a-t-elle été posée. Et pourquoi a-t-elle été formulée ainsi ?

Voilà un sujet très intéressant en ce mois de deuil. Parlons donc du sentiment de honte qui entoure les larmes. Ce tabou est prédominant dans les cultures orientales. Dans ces régions du monde, la virilité attribuée à l’homme fait fi des émotions que ce dernier pourrait ressentir. Sur la première place du podium trône la tristesse, synonyme de faiblesse. L’homme prend donc un risque lorsqu’il pleure, celui d’être catalogué de faible. Cette conception repose sur une vision utopique qui est de dire que c’est en étant imperméable que l’on est plus fort. Ce regard qui impose des attitudes froides et rigides à observer, entre en collision avec la nature qui veut, au contraire, que les choses interagissent les unes avec les autres. Le monde dans lequel nous vivons n’est autre qu’un grand terrain d’échanges, c’est une vérité qui se retrouve à toutes les échelles.

Avez-vous déjà observé un arbre abîmé ? Un arbre profondément entaillé verse sa sève. Cet échange traduit quelque chose. C’est un phénomène naturel, une réaction à un événement violent et choquant.

Connaissez-vous le procédé de la « goutte d’eau » ? Toutes les fenêtres bien construites de notre temps intègrent ce principe. Pour garantir l’étanchéité à l’eau d’une fenêtre, le meilleur moyen d’y parvenir est de laisser les gouttes de pluie se glisser sous l’appui de fenêtre pour les rejeter intelligemment dans un second temps, à l’aide d’un sillon. Ce procédé est simple et pourtant, il est indispensable à la protection des façades contre les différentes infiltrations d’eau.

Saisissez-vous ces images ? Pour tendre à « l’imperméabilité » qui garantit force et protection, il faut commencer par comprendre et accepter l’échange.

Concentrons-nous un peu plus sur le sujet principal : les larmes. Il existe différents types de larmes.

Vous pouvez pleurer pour vous : sur votre sort ou par douleur.

Vous pouvez pleurer pour quelqu’un : parce que vous êtes touchés par une injustice, que vous ressentez une peine, vos larmes ne vous appartiennent pas, elles sont destinés et vous les offrez en quelques sorte.

Vous pouvez pleurer de joie : pour vous ou pour quelqu’un.

Vous pouvez pleurer sans raison particulière mais avec un ressentiment : une émotion vous traverse et vous ne savez pas expliquer pourquoi vous êtes bouleversés au point de sentir monter les larmes.

Vous pouvez pleurer sans raison particulière et sans ressentiment : vous êtes en train de découper des oignons par exemple…

Avec cette liste, il y a un type de larmes qui est mentionné dans la question qui nous anime aujourd’hui et que je rappelle ici : « Pourquoi les chiites pleurent-ils comme des bébés ? ». Il est question des larmes du bébé. Cette mention est particulièrement intéressante. Vous n’êtes pas sans savoir que les pleurs des bébés sont le premier outil de communication qu’ils détiennent pour échanger avec leur entourage. Il est d’usage de dire que les bébés de moins de 18 mois ne sont pas capables de manipulations. Les larmes d’un bébé de moins de 18 mois sont tout ce qu’il y a de plus sincère, elles traduisent un besoin. C’est un appel, l’expression d’une douleur physique ou d’une peine émotionnelle réelle.

Le meilleur moyen d’entrer en communion avec nous-mêmes est de retrouver ces sentiments et cette communication purs qui nous ont traversés enfants. A l’heure d’aujourd’hui, dans le monde dans lequel nous vivons, les émotions désintéressées et non calculées se font très rares ; de ce fait, être capable de « pleurer comme un bébé » n’est pas une mauvaise chose. Bien au contraire.

Accepter les larmes, c’est retrouver la porte d’un exutoire naturel et inoffensif qui nous est accordé. C’est accepter d’ouvrir son cœur pour établir un échange. En somme, accepter les larmes revient à accepter sa part d’humanité et c’est précisément ce qui manque au monde : de la justice et de l’humanité. Accepter les larmes et les offrir n’est pas un acte anodin. Accepter de se laisser toucher au cœur est un acte courageux et rendre l’expression d’une émotion pure au travers de larmes déversées pour autrui est d’autant plus noble qu’il s’agit d’un acte totalement sincère et désintéressé.

Celui qui est écorché peut en ressortir plus fort. Tout dépend du sens qu’il donne à sa blessure et aux sens des larmes qui en découlent. Nous sommes des êtres sensibles dotés d’un corps et d’un cœur, d’un esprit et d’une raison. Laissons notre sève agir car là où certains la pense inutile et destinée aux faibles, d’autres ont compris que la puissance de ses vertus cicatrisantes avaient une force et une valeur.

Si les chiites pleurent, c’est simplement parce qu’ils ont un cœur. Connaissez-vous l’Imam al-Hussayn (as) et son histoire ?

Fenn Hussayni.

N’hésitez pas à commander votre exemplaire du recueil de poésies sur l’Imam al-Hussayn (as) et sur le jour de Achoura pour en apprendre plus sur cet homme et son histoire.

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A vendredi prochain.

Une réflexion au sujet de « « Pourquoi les chiites pleurent-ils comme des bébés ? » »

  1. al salamalykom,
    article très intéressant,
    le message envoyé par l ‘Imam Hussain(as) est très grand, les événements historiques de sa période sont très intéressant, en effet trop peux de livres ou d’articles existent à ce sujet en français.
    Nous sommes heureux de voir un tel projet,
    merci,

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